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enespa ag revendique un système de collecte uniforme des plastiques


La Journée mondiale du recyclage, célébrée le 18 mars, est consacrée à la gestion globale des déchets plastiques. En Suisse, cette gestion est loin d’être exemplaire.



Aujourd’hui encore, 80 % des déchets plastiques sont éliminés par incinération, ce qui entraîne d’importantes émissions de CO2. Pourtant, les solutions technologiques pour recycler les déchets plastiques de manière responsable ne manquent pas. Le problème, selon enespa ag, tient aux lacunes du système de collecte en Suisse. Le fournisseur d’un procédé de recyclage durable et unique au monde en appelle à une modification de la législation.


En lançant la Journée mondiale du recyclage, la Global Recycling Foundation tient à rappeler le rôle essentiel du recyclage dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le recyclage permet déjà d’économiser 700 millions de tonnes de CO2 chaque année, un chiffre qui devrait atteindre 1000 millions de tonnes d’ici 2030. La Suisse participe largement à cet effort dans de nombreux domaines, à l’exception notable du plastique.

Selon l’Office fédéral de l’environnement, près d’un million de tonnes de plastique sont consommées chaque année en Suisse. Or, un quart est utilisé pour fabriquer des produits durables, tandis que le reste finit en déchets plastiques après un usage unique. Seule une fraction de ces déchets est recyclée, et environ 80 % atterrissent dans des usines d’incinération des ordures ménagères, où ils génèrent d’énormes émissions carbone. En effet, la combustion d’un kilo de plastique émet quelque 3 kg de CO2.

Un procédé de recyclage des plastiques efficace et unique au monde

Pour Cyrill Hugi, CEO d’enespa ag et inventeur de technologies de recyclage vertes, cette situation est intolérable. « Incinérer la plupart des déchets plastiques en Suisse est non seulement nocif pour l’environnement, mais aussi complètement inutile », affirme-t-il.


« Le procédé de thermolyse que nous avons développé permet de transformer les déchets plastiques en une huile de qualité. Celle-ci peut à son tour être utilisée pour la fabrication de matières plastiques. »

Le procédé de la société suisse est très efficace et unique au monde : à partir d’une tonne de déchets plastiques, on obtient environ 1000 litres d’huile, et l’énergie chimique des déchets plastiques est conservée jusqu’à 85 % grâce au procédé de thermolyse.


Même le gaz produit lors du processus de condensation est réutilisé. « Nous produisons ainsi l’énergie qui sert à faire fonctionner nos installations », explique Cyrill Hugi. Par ailleurs, ce qui fait la spécificité de la technologie d’enespa ag, c’est la haute qualité de ses machines de tri. En effet, elles permettent de réceptionner et de recycler des déchets plastiques mélangés, faisant d’enespa la seule entreprise au monde à utiliser le recyclage chimique de manière rentable. Selon Cyrill Hugi, si la Suisse manque d’installations de ce type, ce n’est pas pour des raisons économiques, mais bien à cause de la législation.

Appel à un changement rapide de la législation : adoption de l’initiative sur l’économie circulaire

« En l’état actuel des choses, une usine de recyclage du plastique n’est pas rentable. Il existe certes de nombreux centres de recyclage en Suisse qui proposent des sacs de collecte payants, mais ils sont gérés au niveau cantonal et donc assez petits. Un tel volume ne permet pas d’exploiter nos installations de manière rentable », souligne le CEO. Il est nécessaire de mettre en place une réglementation uniforme à l’échelle nationale pour la collecte des plastiques.

Une gestion plus durable des déchets, notamment plastiques, est également une préoccupation croissante dans la sphère politique. À Zurich, l’initiative sur l’économie circulaire a été adoptée à 89 % en 2022, et une initiative parlementaire visant à promouvoir l’économie circulaire est actuellement débattue au niveau national. « Ce sont des signes encourageants, mais il faudra sans doute attendre longtemps avant que ces initiatives aient un impact sur la pratique. Il nous faut des solutions plus rapides », insiste Cyrill Hugi.

Recyclage du plastique en Allemagne


L’exemple de l’Allemagne montre que des modifications du système de déchets peuvent conduire à des succès. « Un sac de collecte pour le plastique et les emballages qui soit gratuit pour le consommateur, comme celui que reçoivent les ménages en Allemagne, est déjà un pas dans la bonne direction. De plus, il faudrait équiper les sites proches des centres de recyclage de nos installations de transformation du plastique en huile. Cela nous permettrait d’avancer vers la résolution de l’énorme problème du plastique que nous connaissons », explique Cyrill Hugi. Toutefois, la distribution de sacs ne suffit pas. Pour que ceux-ci soient utilisés correctement et par le plus grand nombre, il faut également mener une campagne de sensibilisation à la collecte des déchets plastiques. À l’heure actuelle, trois grands projets d’installations de transformation du plastique en huile sont prévus en Allemagne pour une mise en service avant la fin de l’année 2023.



Cyrill Hugi, CEO enespa ag

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