Un filtre en graphène pour le captage du carbone


Des ingénieurs chimistes de l’EPFL ont mis au point un filtre en graphène pour le captage du carbone. Son efficacité est supérieure à celle des technologies de captage du commerce, et le coût du captage du carbone peut être réduit.




L’un des principaux responsables du réchauffement climatique est le dioxyde de carbone rejeté en grande quantité dans l’atmosphère, principalement lors de la combustion de combustibles fossiles et de la production d’acier et de ciment. En réponse, des scientifiques ont testé un procédé qui peut piéger le dioxyde de carbone rejeté, en le transportant vers un site de stockage puis en le déposant dans un lieu où il ne peut pas pénétrer dans l’atmosphère.


Le problème est que le captage du carbone des centrales électriques et des émissions industrielles n’est pas très économique. La principale raison est que le dioxyde de carbone rejeté n’est pas émis à l’état pur. Il est mélangé avec de l’azote et d’autres gaz. Le séparer des émissions industrielles nécessite une consommation d’énergie supplémentaire, et fait donc augmenter la facture.


Des scientifiques ont tenté de mettre au point un filtre économe en énergie pour le captage du dioxyde de carbone. Apparentée à une «membrane», cette technologie peut extraire le dioxyde de carbone d’un mélange gazeux, avant de le stocker ou de le transformer en produits chimiques utiles. «Toutefois, les performances des filtres actuels pour le captage du dioxyde de carbone sont limitées par les propriétés fondamentales des matériaux actuellement disponibles», explique le professeur Kumar Varoon Agrawal de la Faculté des Sciences de Base de l’EPFL (EPFL Valais Wallis).


Le filtre en graphène peut également séparer le dioxyde de carbone d’un mélange de gaz


Aujourd’hui, Kumar Varoon Agrawal dirige une équipe d’ingénieurs chimistes chargée de développer le filtre le plus mince du monde à partir de graphène, le célèbre matériau innovant qui a remporté le prix Nobel de physique en 2010. Mais le filtre en graphène n’est pas seulement le plus mince du monde, il peut également séparer le dioxyde de carbone d’un mélange de gaz, tels que ceux des émissions industrielles, avec une efficacité et à une vitesse qui dépassent celles des tout derniers filtres. Les travaux sont publiés dans la revue Science Advances.


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